L’invocation à Patanjali

Au Studio Yoga République nous transmettons une Tradition pluriséculaire à laquelle nous tentons de rester fidèles.

Les cours de yoga Iyengar® commencent souvent par la récitation de l’invocation à Patanjali, un texte sanskrit qui nous invite à nous relier à la chaîne ininterrompue des Maîtres et des Sages qui nous ont transmis le Yoga.

Le Sage Patanjali
Représentation du Sage Patanjali

Comprendre et écouter
l’invocation à Patanjali

Écouter l’invocation à Patanjali

YOGENA CITTASYA PADENA VĀCĀM

MALAM ŚARĪRASYA CA VAIDYAKENA

YOPĀKAROTTAM PRAVARAM MUNĪNĀM

PATAÑJALIM PRĀÑJALIR ĀNATO’SMI

ĀBĀHU PURUSĀKĀRAM

ŚANKHA CAKRĀSI DHĀRINAM

SAHASRA ŚIRASAM ŚVETAM

PRANAMĀMI PATAÑJALIM

Je m’incline devant le plus noble des sages, Patanjali,

qui apporta la sérénité de l’esprit par son œuvre sur le yoga,

la clarté du discours par son œuvre sur la grammaire

et la pureté du corps par son œuvre sur la médecine.

Je me prosterne devant Patanjali

dont la partie supérieure du corps a forme humaine,

dont les bras tiennent une conque et un disque,

qui est couronné par le cobra à mille tête.

O incarnation d’Ādiśesha, à Toi vont mes salutations.

Prononciation de l’invocation à Patanjali

Dans la vidéo suivante, Geeta Iyengar (fille de B.K.S. Iyengar) enseigne la prononciation de l’hommage à Patanjali lors de la Convention de Yoga Iyengar à Londres en 1997.

Que représente le fait de chanter
l’hommage à Patanjali ?

Chanter l’hommage à Patañjali au début d’un cours de yoga Iyengar, ce n’est pas juste un rituel “exotique” ou décoratif. Ça remplit plusieurs fonctions, à la fois symboliques, culturelles et très concrètes dans la pratique.

D’abord, il y a l’idée de reconnaissance. Patañjali est considéré comme celui qui a codifié le yoga dans les Yoga Sutras. Le chant, appelé “invocation”, est une manière de rendre hommage à cette lignée de transmission. En yoga Iyengar® cette notion de filiation est très importante.

Ensuite, il y a un aspect mental et énergétique. Le fait de chanter ensemble :

  • calme le mental
  • synchronise la respiration
  • crée une forme de concentration collective

C’est un peu comme appuyer sur un bouton “on se met en mode pratique”. Passer du quotidien (stress, travail, pensées parasites) à un espace plus attentif et intérieur.

Il y a aussi une dimension corporelle qu’on sous-estime souvent. La vibration du chant (surtout les sons longs où les « mmm » vibrent dans la tête) agit physiquement :

  • elle régule le souffle
  • détend certaines tensions
  • ancre la présence dans le corps

Enfin, sur un plan plus subtil (si on est sensible à ça), c’est une intention : pratiquer avec humilité, discipline, et clarté — pas juste faire des postures comme une gymnastique.

Cela dit, il n’y a aucune obligation d’adhérer à la dimension “spirituelle”. Beaucoup de pratiquants le vivent simplement comme :

  • un rituel de transition
  • un moment de silence guidé
  • une mise en cohérence du groupe

Pour certains enfin, c’est l’occasion de découvrir et d’expérimenter la puissance de la langue sanskrite et son pouvoir de transformation intérieur qui lui est inhérent.

« Invocation » ou « hommage » à Patanjali ?

Les termes « Invocation » et « hommage » sont tous les deux employés pour désigner ce que nous chantons au début des cours. Le yoga nous ouvre ici 2 portes : selon notre sensibilité, ce chant peut être vécu soit comme une invocation à une puissance extérieure, soit comme un hommage à la tradition du yoga.

Il peut même y avoir trois lectures différentes, qui coexistent aujourd’hui :

1. Lecture traditionnelle / spirituelle

Dans cette perspective, “invocation” est pris au sens fort :

  • on s’adresse réellement à Patañjali comme à un personnage qu’on inviterait à être présent pour nous aider.
  • il y a l’idée d’une transmission vivante, presque d’une “présence”
  • le chant est un acte de dévotion (bhakti)

2. Lecture symbolique / intérieure

C’est souvent celle adoptée aujourd’hui, notamment dans la lignée de B. K. S. Iyengar (même si lui-même n’était pas “laïque” au sens occidental).

  • “Patañjali” devient une figure archétypale symbolisant :
    • la clarté mentale
    • la connaissance des choses spirituelles
    • la transformation de l’adepte du yoga
  • “invoquer” = activer en soi ces qualités

C’est un peu comme dire : je ne demande rien à l’extérieur, je m’oriente intérieurement.

3. Lecture fonctionnelle / laïque

De plus en plus présente en Occident, cette lecture matérialiste tend à considérer les chants en début des cours de yoga comme des outils neuro-psychologiques servant à :

  • ralentir le souffle
  • synchroniser le groupe
  • focaliser l’attention
  • créer un cadre

Il n’y a là aucun besoin de croire à quoi que ce soit.

Alors … Invocation ou hommage ?

« Les deux mon Capitaine ! ». Considérons cela comme une invitation à Dépasser la dualité de 2 visions opposées et complémentaires.

  • “Hommage” décrit bien l’intention consciente (respect, gratitude)
  • “Invocation” décrit mieux la fonction du chant (transformer l’état intérieur)

car Les deux ne s’opposent pas vraiment. Ils parlent simplement de deux niveaux de conscience différents :

  • extérieur (culture et tradition)
  • intérieur (expérience vécue)

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